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Claude Janin émet l'hypothèse d'une honte primaire résultant de « l'intrication de la détresse » de l'infans [4] dans la dynamique d'émergence du « sexuel primordial » (C. et S. Botella, 2001) [1]. Cette honte serait l'affect spécifique de la sexualisation de l'expérience de passivation dans la relation à l'objet primaire qui dépasse les capacités de liaison du nourrisson. Cette proposition de C. Janin soulève de nombreuses questions. La question la plus importante me semble être la difficulté de concevoir un affect aussi élaboré et qui exige pour être perçu au moins l'ébauche d'une différenciation des instances en des temps aussi précoces. Certes l'auteur propose de distinguer affect et sentiment. N'est-ce pas faire intervenir implicitement la question du degré de qualification de l'affect ou du degré de sa représentance psychique, donc invoquer des états d'affects dont le rapport à la honte proprement dite serait bien lâche ? Les travaux issus de l'observation directe du nourrisson évoqués par l'auteur soulèvent le problème de leur interprétation qui court le risque d'une inférence adultomorphe. Les manifestations somatiques, mimiques et vasomotrices par exemple, reflètent un état d'affect qui me semble devoir être distingué de son devenir potentiel, l'affect qualifié psychiquement.
C. Janin fait également intervenir la subjectivation ou non de la honte et il me semble là que se dévoile une piste qu'il explore dans son rapport, celle des inclusions narcissiques, d'une honte que je qualifierais volontiers « d'emprunt » et sur laquelle je reviendrai. J. Cournut, dans sa communication préalable sur « La transmission de la honte et de la culpabilité » [3] a exploré cette voie.