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J'ai apprécié la richesse et la profondeur de réflexion des deux rapports du Congrès. Celui d'André Beetschen m'intéresse parce qu'il recoupe mon travail actuel sur l'état d'esprit du terroriste religieux.
L'analyse de la lettre qu'on a trouvée dans les bagages de Mohammed Atta m'a amenée à évaluer le processus de honte et de détestation de soi qui a conduit les terroristes à prendre conscience de leurs lacunes culturelles et de l'échec grandissant de leur intégration, et à les transformer en humiliation et en soumission abjecte à Dieu1. Lorsqu'elles ont été confrontées à l'endoctrinement religieux et au lavage de cerveau, leur honte et leur culpabilité ont été balayées par une idéalisation de la destructivité et amalgamées à une figure paternelle archaïque. La lecture des deux rapports a confirmé mon hypothèse que la régression au père pré-œdipien de la horde primitive qui conduit au parricide et à la culpabilité provoque un état d'impudence et de bravade.
Certaines idées de Claude Janin sur la honte m'ont intriguée et c'est sur elles que je vais maintenant me pencher, en gardant en tête les similarités comme les divergences entre la pensée française et la pensée anglo-américaine, toutes deux intéressantes et riches.
Un analyste formé dans le courant britannique de la relation d'objet — tout comme en psychologie du moi et dans l'intersubjectivisme — qui lira le rapport très élaboré de Claude Janin s'émerveillera de sa précision dans la distinction qu'il établit entre les première et deuxième topiques, la trajectoire des pulsions, et par les sources auxquelles il fait appel. Dans son schéma conceptuel, il rapproche les concepts de self et d'objet (ou de sujet et d'autre). Doter le self et l'objet d'un statut théorique et métapsychologique