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Dès 1900, Freud dans L'interprétation des rêves, établit un lien entre les formations de mots dans le rêve et les mots que les enfants peuvent utiliser comme des objets de jeu.
Cinq ans plus tard, dans Le mot d'esprit, il relie sans conteste le jeu à la pulsion et fait du jeu agi et du jeu avec les mots des préalables indispensables au mot d'esprit qui trouve ses fondements dans un mouvement régressif vers le jeu infantile et une plongée dans l'inconscient.
Si, pour Freud, le jeu de l'enfant s'accompagne de satisfactions pulsionnelles, c'est grâce à l'indispensable étayage sur des objets matériels du monde réel. La création de fantaisies (récits imaginaires, rêves diurnes…) tout en restant enracinée dans les formes premières du jeu, se dégage de la matérialité. Pour autant, il arrive que le créateur littéraire (1908) éprouve le besoin de retrouver cet étayage dans la réalité, propre au jeu de l'enfant (le jeu théâtral en étant l'une des expressions les plus manifestes). Le créateur met ainsi à disposition du spectateur autant de personnages auxquels ce dernier peut s'identifier dans leurs agis et leurs affects, sans danger pour son propre psychisme puisque restant dans la sphère de l'illusion.
Ainsi, Freud, avant même d'aborder ses premiers travaux propres à l'enfant (Le petit Hans, 1909 ; Le jeu de la bobine, 1920), établit de façon latente un lien entre l'activité de jeu chez l'enfant et le fonctionnement psychique de l'adulte. Sans l'énoncer de façon explicite, il interroge d'emblée le rôle premier et déterminant de l'animisme – qui sous-tend le jeu, du passage par l'acte de jouer comme fondement des représentations mentales et des satisfactions pulsionnelles inhérentes au jeu comme base des auto-érotismes de pensée. L'étude du jeu de la bobine lui permettra de mettre l'accent, de façon manifeste cette fois, sur le passage de la passivité à l'activité qui s'accompagne d'un sentiment rassurant de maîtrise de la réalité et d'une potentialité au double retournement de