You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
« On a tort, à mon sens, de poser que l'acte de croire a, en son origine, affaire avec le désir de vérité. Sa fonction première est de métaphoriser le réel, afin qu'il ne soit pas le vrai. »
La question de l'épreuve de réalité dans le jeu, c'est Freud qui nous incite à la formuler. Dans un passage des « Formulations sur les deux principes de l'advenir psychique », où il introduit pour la première fois dans son œuvre le concept d'épreuve de réalité, il écrit en effet, et de façon bien énigmatique pour quiconque est familier avec les définitions contemporaines de l'épreuve de réalité, que le « jouer des enfants», « la rêverie », et « le fantasier » sont des activités de pensée demeurées libres à l'égard de l'épreuve de réalité1. Aucune définition contemporaine de l'épreuve de réalité, si ce n'est celle de Winnicott sur les théories duquel nous aurons à revenir, ne semble prendre acte de cette indication freudienne sur le jeu, la rêverie et le fantasier. L'épreuve de réalité, lorsqu'elle n'est pas ramenée à un critère permettant de distinguer les états limites des psychotiques, est généralement définie comme la capacité d'un sujet de distinguer ses perceptions de ses représentations de manière à éviter l'hallucination. Or, dans le passage cité des « Formulations… », Freud paraît fonder l'épreuve de réalité sur autre chose. De toute évidence, la référence à l'hallucination peut être écartée et il se développe une tout autre ligne de pensée où l'épreuve de réalité se présente comme une série d'exigences auxquelles la fantaisie et le jeu évitent de se soumettre.
Une certaine résistance « se mobilise en nous contre l'inexorabilité et la monotonie des lois de la pensée et contre les exigences de l'examen de réalité… On découvre alors quel plaisir cela procure de se soustraire à elle au moins