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« Une balle, se dit-il. “Je suis perdu si je ne fais pas semblant d'être mort.” Mais, en lui, la fiction et la réalité ne formaient qu'un. Guillaume Thomas était mort. »
« Le salut du torero est une dédicace (…)
« Le salut du funambule est une déclaration de puissance et de triomphe. C'est son poing qu'il jette à la face des vents. »
Dans les années 1920, quatre adolescents, R. G. Lecomte, R. Daumal, R. Vaillant et R. Meyrat, vivent une aventure littéraire marquée du sceau de la révolte et d'une création hantée par l'excès. Certes, la publication de leur revue, Le Grand Jeu, fut éphémère, mais elle manifesta avec passion leur volonté de vivre la vie la plus intense, quitte à prendre tous les risques, ainsi qu'en témoignent ces formules tendues comme des maximes : « être éternel par refus de vouloir durer » ou, à propos de l'expérience des limites, la « Mort-dans-La Vie », ou encore l'« agilité miraculeuse de l'éclair à tuer Dieu ». Le goût de l'absolu et la radicalité marquent leur engagement sur les pas d'un Rimbaud ou d'un Genet pariant désespérément leur vie. Ils disent aussi l'indispensable révolte qui, seule, garantit la liberté de penser et d'éprouver ces passions. Pour ces insoumis, ces « voleurs de feu », le grand jeu de la poésie est un jeu existentiel qui partage avec ce « drôle de jeu » qu'est la guerre, la particularité de frôler les limites et de jouer avec la vie et la mort : « jeu des limites » qui peut aller « jusqu'à cet état limite où seule la conscience