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« Ainsi contrairement aux mémoires électroniques la mémoire cérébrale est imprécise, mais elle possède, en revanche, de grandes capacités de généralisation. »
Dans Biologie de la conscience, G. Edelman, le célèbre biologiste de la conscience, évoque, comme en passant, cette particularité de la mémoire cérébrale : elle est approximative. Si elle était trop précise, trop fidèlement précise à la perception, notre mémoire serait trop idiosyncrasique, trop « collée » à la perception de l'événement, elle ne pourrait être facilement transférée sur d'autres expériences analogues du présent, elle ne pourrait être utilisée pour préparer la rencontre avec celui-ci, elle ne pourrait pas fournir le travail de généralisation que requiert notre anticipation de l'actuel.
Les événements et aléas de l'histoire sont conservés par notre mémoire d'une manière telle que ce qu'elle enregistre puisse à la fois conserver une trace de l'événement et en même temps rendre possible un transfert et une utilisation de la mémoire dans le présent, un travail de « catégorisation » qui rende l'expérience applicable au présent. Pour être utilisable, l'expérience passée doit pouvoir être actualisée, elle va devoir être « interprétée » en fonction du présent.
Cela ne veut pas dire que la mémoire n'est pas fidèle, qu'elle enregistre n'importe quoi et n'importe comment, tout au contraire. Cela veut dire que l'expérience subjective et la mémoire que nous en conservons sont organisées « pour être interprétées », que leur fonctionnement n'est pas concevable sans