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Affirmant que le monde est une scène, Shakespeare a-t-il pour autant cru que la vie serait un jeu ? N'avait-il pas plutôt senti que son théâtre pouvait faire émerger l'élément de jeu sous-jacent à diverses conduites humaines, oscillant entre l'amour et la haine ?
Et si la psychanalyse avait continué sur ce chemin d'une mise au jour du jeu humain, prenant cependant une voie qui lui est propre, en se constituant pour objet spécifique de faire émerger les logiques du jeu de l'inconscient ?
Freud s'est à de multiples reprises intéressé au jeu, le situant aussi bien par rapport au principe de plaisir, à l'épreuve de réalité, qu'aux avancées successives dans sa théorie des pulsions.
Pour Freud, l'origine du jeu tient à l'échec de la satisfaction hallucinatoire du désir. Au moment d'émergence d'une limite entre le dedans et le dehors, la vie psychique est contrainte à se réorganiser, et « le jeu des enfants prend le relais de la technique purement sensorielle de la satisfaction » (Freud, 1912-1913, p. 294). L'instauration du principe de réalité engendre alors un clivage entre la « tendance à représenter la réalité » et une « sorte d'activité de pensée qui demeura libre à l'égard de l'examen de la réalité et soumise seulement au principe de plaisir » (Freud, 1911, p. 16). Cette description concerne la fantasmatisation, qui « commence déjà avec le jouer des enfants et qui ultérieurement,