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Dans les lignes qui suivent, mon propos sera double. Je tenterai tout d'abord de formuler quelques propositions visant à différencier un jeu banal d'enfant tout venant d'une stéréotypie autistique. Je pense en cela retrouver l'interrogation freudienne fondamentale concernant le devenir psychique du traumatisme. Puis je tenterai de penser le passage entre l'un et l'autre, ce qui m'amènera à examiner le rôle de la séduction et ses effets souvent civilisateurs mais parfois traumatiques.
La question de la relation entre jeu et trauma est abordée dans « Au-delà du principe de plaisir », précisément quand Freud rapporte son observation du fameux du jeu de la bobine. Pour lui, ce jeu ne s'explique pas directement par le recours au principe de principe de plaisir. L'interprétation du jeu de l'enfant exige d'aller au-delà : en effet, si l'on admet que la pratique répétée de la disparition et de la réapparition de la bobine vaut comme réactualisation de l'expérience du départ de la mère, force est de renoncer à l'idée que le processus dans son ensemble est régi par le plaisir : « Comment concilier avec le principe de plaisir le fait que l'enfant répète comme jeu cette expérience pénible ? » L'interrogation n'est donc pas : « Qu'est-ce donc qui fait qu'un enfant prend plaisir à jouer avec une bobine ? », mais bien plutôt : « Comment