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« La vie elle-même n'est-elle donc qu'un rêve… ? ».
Le jeu a pris place dans la théorie psychanalytique avec Winnicott. L'illusion créée par la mère et offerte à l'enfant, d'être à l'origine du monde et de la satisfaction de ses désirs, serait la transition nécessaire pour accéder à la réalité externe. Le jeu devient alors un événement symbolique, c'est la création d'une représentation de l'objet absent.
La capacité de jouer de l'analyste est au premier plan dans les thérapies avec les tout-petits : capacité de créer l'espace de jeu pour être en relation avec l'enfant et avec le fonctionnement préconscient des parents. La capacité de rêverie de l'analyste peut favoriser celle de la mère. L'enfant fera l'expérience du jeu si les échanges avec sa mère offrent une part d'illusion : le chevauchement du monde interne et de la réalité extérieure dans l'espace transitionnel ne peut avoir lieu qu'en présence d'un environnement qui s'offre à la manipulation de l'enfant. Il s'agit de la possibilité pour la mère de se laisser ajuster aux propositions de jeu de son enfant, d'être disponible aux partages de plaisir autant que de survivre à ses attaques ou à son emprise cruelle. Cette souplesse psychique requiert chez la mère de savoir partager une illusion, un monde de rêverie.
Un espace transitionnel se forme entre la mère et l'enfant si la mère elle aussi participe à cette rêverie. Les parents bloqués dans leurs possibilités associatives, les mères déprimées ou persécutées par leur enfant, les adultes sidérés par les deuils et les expériences traumatiques du passé, sont dans l'incapacité de jouer ce partage. L'art de l'analyste est de renouer avec un processus associatif qui « répare » leurs possibilités créatrices et ludiques. La valeur du jeu peut être d'emblée thérapeutique pour l'enfant qui fait alors une expérience nouvelle avec l'objet.