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« Quand on me demande comment je travaille, il m'arrive de répondre que je ne travaille pas. C'est plus complexe que ça… “ça” travaille dans ma tête (…), c'est à l'état d'embryon et ça évolue comme si j'étais enceinte… au niveau de mon imagination. C'est une communication hors des mots… un lieu où tous les sens sont en éveil. »
Dans cet interview, le terme « travailler » aurait pu aisément être remplacé par « jouer », car il s'agit ici d'une actrice parlant de sa façon de concevoir un rôle1. Un acteur, en «jouant», interprète, ressent, s'approprie, transforme et transmet des émotions… ce qui offre de nombreux points analogiques avec le « travail » du psychanalyste.
Le jeu est «une activité… qui n'a d'autre but que le plaisir qu'elle procure » (Petit Robert). L'alliance avec un partenaire de jeu permettra le partage de ce plaisir.
Il est classique d'avoir considéré l'utilisation du jeu chez l'enfant comme « assimilable aux récits qu'un patient adulte peut faire »2, et, au contraire, la participation comme une spécificité de l'analyste d'enfant.
La position de l'analyse d'enfant dans le champ global de la psychanalyse a ainsi d'abord été envisagée à partir d'une confrontation au modèle de l'analyse adulte, y compris dans les controverses sur l'existence même d'un processus analytique dans les traitements d'enfant.
Je proposerai de renverser la perspective et d'examiner comment la position spécifique d'analyste d'enfant peut enrichir la réflexion théorique et ouvrir de nouveaux