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Au fil des décennies l'importance de la théorie du jeu initiée par S. Freud dans « Au-delà du principe de plaisir » (1920) et classiquement appelé « Jeu de l'enfant à la bobine » s'est vue enrichie des développements réalisés par le courant psychanalytique britannique et en particulier par D.-W. Winnicott. Le soin pris par ce dernier à dégager finement les processus psychiques de liaison mis en œuvre par l'enfant confronté à l'expérience de la séparation a favorisé un important travail de réflexion théorique en lien avec les pratiques psychanalytiques, tout particulièrement le soin psychique apporté aux bébés et aux enfants.
Pourtant, s'il semble logique que ces différents champs aient largement pu bénéficier de l'apport fondamental de D.-W. Winnicott, il en est d'autres tout aussi fructueux et tout autant engagés dans une perspective thérapeutique, qui concernent les groupes et plus spécialement les dispositifs groupaux utilisant des objets médiateurs dans le travail thérapeutique.
L'extension de la théorie psychanalytique au modèle du jeu – le jeu étant à la fois le processus créateur mais aussi la méthode pour y parvenir –, favorise en somme la double approche auto-représentative du processus par le sujet, mais aussi sa capacité méta-représentative, c'est-à-dire la possibilité qu'il acquiert de se penser lui-même capable de jouer, comme R. Roussillon1 l'a brillamment montré dans son rapport de 1995. Le jeu inaugure dans la pratique