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Jouer au papa et à la maman, jouer au docteur, ou à la marchande, jouer aux cow-boys et aux Indiens, jouer au gendarme et au voleur, jouer à la poupée, au train électrique ou au vidéogame, jouer à être grand, jouer au loto ou au tiercé, jouer la comédie, se la jouer tout court, être le jouet, jouer à avoir l'air, etc.
Entre être et avoir, et du début à la fin, du territoire privé du fantasme à la mise en acte dans la réalité des jours, se déploie un espace infini où le psychisme tantôt utilise le jeu pour étayer ses constructions sur la matérialité et tantôt en use, sinon en abuse, pour, à l'inverse, s'y soustraire. Ainsi, de mise en jeu (mise en acte) en mise en représentation (construction du fantasme), l'être humain s'essaie-t-il, par cette expérimentation du semblant (une des définitions possibles de ce que c'est que jouer), à trouver un sens, du sens, à tenter de résoudre certaines des questions qui se posent à lui dans son rapport au monde. Si le jeu permet au sujet d'acquérir de nouvelles façons d'appréhender le monde, le corps social peut aussi, nouveau renversement, user des attraits de cette activité pour s'annexer le sujet.
Mais qu'est-ce qu'un psychanalyste a à voir avec tout cela et la psychanalyse peut-elle, à cet égard apporter un quelconque éclairage ? Nous savons que Freud, tout au long de l'élaboration de son corpus de pensée, n'a jamais vu d'antinomie entre psychologie individuelle et psychologie sociale. Il s'en explique d'ailleurs au tout début de son article « Psychologie des foules et analyse du moi » : « L'opposition entre la psychologie individuelle et la psychologie sociale, ou psychologie des foules, qui peut bien à première vue nous paraître très importante, perd beaucoup de son acuité si on l'examine à fond. Certes, la psychologie individuelle a pour objet l'homme isolé et elle cherche à savoir par quelles voies celui-ci tente d'obtenir la satisfaction de ses motions pulsionnelles, mais, ce faisant, elle n'est que rarement – dans certaines