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Lorsqu'on observe les pratiques d'escalade et d'alpinisme, on ne retient bien souvent que leurs similitudes. Il s'agirait de deux activités physiques qui mettent en jeu la verticalité et les efforts réalisés pour se libérer des lois de la gravité afin d'aller toujours plus haut, dans des cheminements toujours plus extrêmes. De cette similarité, on retient plus particulièrement leur caractère vertigineux mettant en scène une certaine volonté de jouer avec la peur, l'angoisse du vide et toutes formes d'émotions liées à la possibilité de chuter. De cela, il est souvent conclu une égale participation à la catégorie des sports dits « à risque » (D. Le Breton, 1991) ou encore des jeux de « vertige » lorsqu'il est rapidement fait référence à Caillois (1967).
Pourtant l'usage de la notion de vertige cache la profonde rupture qui, depuis la fin des années 1970, sépare petit à petit les deux activités et leurs pratiquants ; les alpinistes d'un côté et les grimpeurs de l'autre.
Bien que ces deux activités mettent en jeu non pas un vertige, mais des vertiges et des rapports à des formes différentielles d'angoisses, tels que les définit D. Quinodoz (1994), elles n'ont été à l'origine que de peu de travaux de type psychanalytique. Ceux qui y font référence (Y. Assedo, 1983 ; M. Lévèque, 1985) n'opèrent pas de distinction entre ces deux pratiques. Or, si les conclusions de Lévèque sont pertinentes – chaque pratique sportive est porteuse d'une trame symbolique qui sert de structure d'accueil au psychisme de l'individu qui s'y adonne –, il doit être possible de mettre en évidence de manière différentielle les trames symboliques de l'alpinisme et de l'escalade ainsi que des structures psychiques spécifiques chez les alpinistes et les grimpeurs.