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Ce que l'art est tout d'abord, et ce qu'il demeure avant tout, est un jeu.
Tandis que l'outillage est le principe du travail.
C'est le jeu qui est universel et qui correspond à la santé.
Les représentations graphiques dans la préhistoire témoignent de la nécessité de développer un « espace potentiel de jeu » pour que créativité et création soient possibles. On sait que l'hypothèse introduite par Winnicott d'une « aire intermédiaire d'expérience » ou « aire transitionnelle » lui a permis de décrire un espace où se séparent et se relient l'une à l'autre réalité interne et réalité externe.
Il s'agissait d'abord pour lui de désigner cette dimension où s'organisent phénomènes et objets transitionnels (gazouillis du nouveau-né, investissement de l'ours en peluche par l'enfant, etc.) qui permettent de négocier le passage de l'illusion d'un objet trouvé/créé par le sujet à la désillusion de ne pas être à soi le seul créateur du monde et correspondant à l'acceptation du plaisir donné par autrui. Il s'agissait également de définir un « espace potentiel de jeu » qui, selon lui, est « en continuité directe avec l'aire de jeu du petit enfant » et qui subsistera « tout au long de la vie dans le monde d'expérimentation interne qui caractérise les arts, la religion, la vie imaginaire et le travail scientifique créatif » (1971, p. 25). L'espace potentiel de jeu rend ainsi compte de l'importance du plaisir et du jeu dans la vie psychique et désigne l'aire des processus de symbolisation qui, déjà à l'œuvre dans l'organisation de la fantasmatisation lors de l'expérience de l'enfant au sein, permet la création de symboles en nombre indéfini, constitutifs de tout le champ de la culture.