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Les pages des « Controverses psychanalytiques », inaugurées avec le premier numéro de l'année 2003 de l'International J. of Psycho-Analysis (vol. 84), ont présenté un échange de vues animé sur l'approche de la schizophrénie.
Richard Lucas, de Londres, fait part de son expérience de « psychanalyse appliquée » avec des patients schizophrènes rencontrés dans un service psychiatrique public (Les relations entre psychanalyse et schizophrénie, IJP 84, 3-15, 2003). Il rend compte d'un travail dont il revendique l'objectif comme suit : « Revitaliser une approche analytique de la schizophrénie, appliquée de façon réaliste et dans un cadre pertinent, à savoir celui de la psychiatrie générale. » En résumant ses travaux de ces dernières années, il décrit en six points le cadre conceptuel de ses interventions, en donnant des vignettes cliniques : a) la « philosophie de base », à savoir la nécessité d'entrer en relation avec ces patients à partir de la reconnaissance du fait que leurs paroles ont un sens, point de départ d'une « expérience commune et continue » ; b) la capacité à « se mettre à la longueur d'ondes psychotique », qui est décrite comme l'aptitude à entendre ce que le patient nous communique à travers les dénis et les projections qu'il opère sur les personnes de l'entourage, thérapeute compris ; c) la différenciation, introduite par Bion, entre la partie psychotique et non psychotique de la personnalité, nécessitant de bien déterminer à tout instant de l'échange laquelle des deux s'adresse à nous ; d) le décodage des activités hallucinatoires et délirantes, considérées comme des « idéographes » (Bion) utilisés par les patients psychotiques pour dégager leurs mouvements émotionnels ; e) le contre-transfert, considéré comme la « via regia » pour comprendre les états psychotiques ; et f) ce que l'auteur appelle un « exosquelette »,