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Liliane Abensour et Antoine Nastasi introduisent ce volume avec brio, par la remise en cause des théories qui définissent la psychose en termes uniquement déficitaires, par l'absence d'accès à l'altérité, à la symbolisation, à la « métaphore paternelle » et finalement au statut de sujet, conceptions qui tendent à écarter le psychotique de toute possibilité d'abord psychanalytique et à le repousser hors des catégories de l'humain. Or, s'il est vrai que le psychotique évite, refuse ou supporte difficilement les relations avec autrui, il s'agit peut-être moins d'une impossibilité d'investissement que d'une lutte de chaque instant contre le danger de déréliction ou de débordement qu'elles représentent. Dès 1983, É. Kestemberg introduisait une distinction claire entre le transfert névrotique, déplacement sur l'analyste d'imagos différenciées élaborables en termes de conflits, et l'investissement transférentiel psychotique, projection sur l'analyste d'affects massifs attachés à des configurations inconscientes non élaborées. Elle insistait sur la nécessité de prendre en compte l'économie psychique présente dans le hic et nunc de la relation, afin de trouver la distance adéquate qui « permette à l'objet que nous sommes de prendre place dans l'appareil psychique de l'intéressé sans opérer d'effraction ». Toutefois, face à la massivité et l'immédiateté de l'investissement ou du désinvestissement, face à une temporalité où passé et présent tantôt se confondent, tantôt sont radicalement coupés l'un de l'autre, face aussi à l'impossibilité d'aborder la sexualité infantile trop violemment excitante, un travail classique d'interprétation de la répétition dans le transfert n'est guère envisageable et les auteurs proposent d'élargir la notion de transfert à celle de « rencontre transférentielle ». Celle-ci fait référence à « la construction commune à différents niveaux (corporel, émotionnel, mental) d'un espace intermédiaire où le chaos et la confus