You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Loin d'être un terme issu de la psychanalyse, la dépendance exprime généralement l'état de subordination à l'influence, au pouvoir ou à l'intervention d'un autre. En psychanalyse, cette notion, habituellement référée à la relation transférentielle, est actuellement fréquemment utilisée dans nos milieux comme synonyme des addictions alors que celles-ci n'en constituent qu'un des champs de recherche à explorer.
Penser la notion de dépendance nous emmène d'abord vers la préhistoire de la découverte de la psychanalyse, à l'époque où Freud fait ses premières armes de thérapeute en pratiquant l'hypnose. Nous retrouvons alors ses premières interrogations sur le fonctionnement et les limites de la suggestion en tant qu'elle est relation de croyance, de dépendance du pouvoir de l'hypnotiseur. Ces limites, perçues comme résistances, comme une « contre-volonté », signent par leur émergence l'existence d'un en-deçà de la conscience et de la volonté. Connaître et soumettre cette région psychique appelée l'inconscient en analysant ses manifestations dans cette nouvelle dépendance qu'est la relation transférentielle devint alors l'objectif central de la cure psychanalytique au service de la prise de conscience et du renforcement du moi devenant plus autonome. La démarche scientifique choisie par Freud pour atteindre cet objectif trouve une de ses sources dans la sourde hostilité que celui-ci nourrissait contre cette « tyrannie de la suggestion ».
Parallèlement, alors que la psychanalyse s'affirme dans son affranchissement de l'hypnose, la théorisation qui s'amorce met le sexuel infantile, toujours actif, au cœur de la psyché en dénonçant comme illusoire la domination de l'homme sur lui-même et sur le monde. La néoténie est authentifiée en tant que période de dépendance absolue et fait de l'ensemble nourrisson-soins maternels une entité.
Les liens précoces puis plus tardifs aux objets parentaux deviennent le terreau de l'organisation pulsionnelle et narcissique dont le devenir est de