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La conduite addictive, comme quête d'affranchissement de la dépendance affective vis-à-vis des objets externes et internes, induit une autre forme de dépendance qui en prend le relais et la renforce paradoxalement.
La question est alors de savoir quels pourraient être les rapports entre ces deux formes de dépendance. Mais ce mot très polysémique du langage courant ne fait-il pas illusion ? La notion de dépendance affective est descriptive et de première approximation clinique. Il appartient à l'investigation psychanalytique d'en démêler les modes de composition, l'organisation et la genèse. Les cas dans lesquels un processus analytique se développe s'y prêtent mieux que d'autres.
En matière d'addiction, il s'agit d'abord de la pharmaco-dépendance des toxicomanes. La place tenue par son déterminisme neuro-chimique la met apparemment hors de portée de la psychanalyse. Mais les parentés cliniques entre les diverses addictions, et notamment les « toxicomanies sans drogue », conduisent à l'idée de l'appétence et de l'accoutumance, soit, selon les critères les plus généralement admis, la compulsion et la dépendance d'un comportement . La définition clinique contemporaine de cette dépendance est faite sur trois critères :
— la répétition compulsive d'une activité ;
— sa persistance malgré ses conséquences néfastes ;
— l'obsession de celle-ci.
On voit qu'elle correspond aussi bien à la prise de toxiques qu'au trouble du comportement alimentaire, l'excès et la restriction, c'est-à-dire la boulimie et même l'anorexie.
Qu'il s'agisse d'un comportement comme conduite agie, comme réalisation (cf. A. Green, 2000, p. 97), implique la triple référence au cerveau, au social