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On n'évite pas la dépendance, jamais ; on peut cependant espérer qu'elle finisse par ne revêtir qu'une intensité modérée et acceptable pour notre narcissisme. Certains vont même jusqu'à croire qu'ils peuvent en « choisir » la forme de manifestation. Il y a en effet des formes de dépendance qui paraissent plus attractives pour le narcissisme, qui se donnent le masque de la liberté, qui estompent la part due à l'autre, aux autres sujets que croise notre vie, des formes de dépendance « privée » qui tentent d'éviter l'incontournable reconnaissance du manque et de l'incomplétude humaine.
C'est avec, on s'en doute, une certaine réserve que j'ai souligné plus haut que l'on peut espérer en « choisir » les formes de manifestation ; celles-ci dépendent en fait étroitement du défilé de l'histoire singulière, des contraintes de formes que celle-ci fait peser sur tout choix. Dans la vie psychique, le «choix» est toujours relatif, cela fait aussi partie de la reconnaissance de l'inévitable dépendance que de le reconnaître. Chaque sujet dispose d'une marge de jeu, d'une certaine marge de choix, mais il n'est pas libre du contexte de celui-ci.
La dépendance première, absolue, incontournable est celle du contexte de notre conception et de notre naissance : être né de père et mère, de ce père-là, singulier, de cette mère-là, spécifique, de l'union particulière de ce couple-là, à ce moment-là de l'histoire. C'est pourquoi la scène primitive, quand on lui