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La dépendance est inscrite dans le processus d'hominisation. Le corps humain, la psyché ne peuvent se développer qu'au contact, qu'avec l'accueil, l'aide, le don provenant d'autres humains, parents, éducateurs.
L'autonomie (suffisante), dans notre société individualiste, apparaît en un équilibre plus ou moins précaire où la part de création, de liberté, d'exigence de performance est quelquefois secrètement achetée à des dépendances dissimulées ou déniées.
La dépendance excessive a pu ne jamais s'interrompre, elle peut devenir un appoint aigu nécessaire pour traverser une crise (dont l'adolescence sera le prototype). Mais la rencontre avec l'objet de dépendance peut répondre trop immédiatement, trop adéquatement au besoin d'apaisement de la souffrance liée à une faille développementale de la psychonévrose. Le défaut de la relation primaire a gêné l'œdipification et la gestion de la tolérance au manque. La fixation à l'objet de dépendance sera d'autant plus étroite qu'elle règle les difficultés, les conflits angoissants liés au rapport réalité externe et réalité interne. La dépendance, en proposant un circuit court, semble d'abord libérer magiquement le sujet de la nécessité de penser, de souffrir la réalité externe et sa réalité interne afin éventuellement de se transformer ou de transformer la réalité externe par l'action adaptée en fonction des possibles et des interdits. Mais l'objet de dépendance, en provoquant un désinvestissement du circuit long (en lien avec l'élaboration de la psychonévrose), crée un circuit auto-entretenu, une sorte de shunt progressivement déshumanisant car compulsif, répétitif et antiprocessuel.
Nous sommes alors dans le processus inverse de celui du deuil originaire, processus infini, décrit par Racamier, qui permet de renoncer à la possession