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J'aimerais commencer ma conceptualisation de l'économie psychique de l'addiction par l'étude du mot « addiction » lui-même parce que sa signification illumine d'une certaine façon ma perspective quant à l'économie psychique qui sous-tend les comportements addictifs.
Comme nous le savons, le terme « addiction » vient du latin addictus qui se réfère à une coutume ancienne par laquelle un individu était donné en esclavage. Lors de mes premiers écrits sur le sujet (qui datent maintenant de quarante ans), j'ai consulté mon dictionnaire anglais-français afin d'y trouver la traduction française du terme, et j'ai découvert que le seul mot auquel il est fait allusion était « toxicomanie ». Le propos de cette digression étymologique est de démontrer que, du point de vue de l'« économie psychique », la terminologie française me suggérait que celle-ci est fondée sur le désir de se faire du mal, alors que la terminologie anglo-saxonne transmet l'impression que le sujet addicté est l'esclave d'une seule solution pour échapper à la douleur mentale.
Étymologiquement, même si le mot « addiction » se réfère à un état d'esclavage, telle n'est évidemment pas la visée originelle du sujet qui est l'esclave de son objet — que cet objet soit le tabac, l'alcool, la nourriture, les opiacés ou le sexe. Au contraire, l'objet d'addiction est investi de qualités bénéfiques, voire de l'amour : objet de plaisir à saisir à tout moment pour atténuer des états affectifs autrement vécus comme intolérables. En tant que tel,