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« Quelque éclairé que soit un sujet, sa condition est toujours rabaissée par la dépendance. »
Les dépendances sont des accessoires. Dépendances d'un domaine, d'une demeure : remises, garages, cuisines, avec ce qui s'y trouve : ustensiles, machines-outils, casseroles, animaux domestiques. Accessoires utiles donc, mais sans nécessité ni existence aucunes, privés de l'objet principal. Un sujet dépendant peut être simple accessoire de l'objet interne, sans vie propre, séparé de ce dernier. La survie de l'objet possède pour le sujet une telle importance qu'il va préférer être sa chose, un légume, voire donc végéter ou mourir, si l'objet le laisse au magasin des accessoires, sans s'en servir. Dans ce cas, la dépendance sera plus implacable que l'addiction, souvent rapportée à l'esclavage1. Car l'esclave, si asservi soit-il, a capacité d'espérer en la révolte, l'affranchissement, la liberté. Rien de tel ici. Dans Inhibition, symptôme et angoisse, Freud lie la situation de danger de la perte à celle de détresse (Hilf-losigkeit) en son état primaire : « Pour l'être humain, seule est appropriée à une fin la part de cet héritage archaïque qui se rapporte à la perte de l'objet. »2 Quand le lien de dépendance à l'objet se maintient insécable, on constaterait une inversion entre les buts d'Éros et de Thanatos. Le sujet préférerait s'annihiler pour que l'objet reste vivant, par amour : « Dans l'état amoureux et le suicide, écrit Freud, le moi (…) est écrasé par l'objet. »3
Igor, d'origine étrangère, vit et fait son analyse en France et en français. D'emblée, il déclare : « Je suis le little pet, l'animal domestique de ma mère » et : « Si je reste ici, vous allez devenir fou. » Il ajoute, pour plaisanter : « Ou mort. » Il continue ainsi sur le mode de l'accessoire de sa mère, de ses craintes