You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Parmi les addictions, l'alcoolisme est certainement la plus meurtrière, tant sur le plan somatique que sur le plan psychique ; un silence presque total règne à ce sujet dans nos milieux analytiques. Pourtant les premiers analystes s'y sont risqués2 : Abraham, Ferenczi, Freud3, Rado et Glover, Balint, Tausk.
Il en résulte une vulgate réduite à quelques notions-ficelles et sans assise sur une pratique clinique réelle :
— l'« alcool lève les inhibitions », ce qui concerne l'usage commun de l'alcool plus que l'usage addictif ;
— l'« oralité », prise au sens restreint de zone érogène bucco-labiale ;
— « l'homosexualité latente », notion valable ici non comme avatar de l'Œdipe, mais comme homosexualité spéculaire ;
— les négations de l'alcoolique entendues comme Verneinung, c'est-à-dire comme avatar d'un refoulement attribué, à tort, à l'alcoolique ;
— la phénoménologie de l'ivresse prise pour psychopathologie de l'addiction.