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Les courriers cybernétiques, de par les facilités d'accès offertes par l'outil informatique : automatisme, immédiateté, abolition des distances géographiques et coût direct modique, connaissent un succès florissant. Il ne semble pas qu'ils aient remplacé les longues correspondances manuscrites d'antan, qui ont presque disparu de la vie quotidienne et auxquelles ne s'adonnent plus que quelques littéraires nostalgiques. Il apparaît qu'il s'agirait plutôt d'un nouveau type de contact et d'échange verbal qui, s'il partage quelques caractéristiques avec la correspondance manuscrite, s'en différencie profondément. En effet, la correspondance cybernétique introduit la dimension de l'économique et du quantitatif — par la puissance d'évocation du mot décontexté et décorporéisé — et l'immédiateté du contact qui abolit les distances spatiales et temporelles. Cette dimension économique, qui comporte un risque de dérive, fait toute la différence.
La cybernétique n'est pas un « hors-champ » pour l'analyste, elle joue un rôle dans ses échanges professionnels et privés, dans ceux de ses patients, elle est un lieu de communication dont l'importance quantitative et qualitative ne cesse de croître et dont le retentissement sur le psychisme de l'utilisateur est mal évalué. L'étendue du phénomène, le relatif anonymat, l'immédiateté, l'accessibilité, la banalité et la diffusion de l'usage cybernétique rendent son étude malaisée et exposent au risque de généralisations superficielles et abusives.
Certaines des possibilités et caractéristiques de l'outil offrent cependant des domaines de réflexion et de questionnement spécifiques, notamment sur l'usage particulier du langage verbal, l'absence de temporalité et la déstabilisation par le virtuel.