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De quelque façon que l'on prenne le terme de « dépendance », tel qu'il est employé dans de nombreuses situations cliniques, on rencontre toujours la problématique essentielle de la séparation et de l'individuation qui met en jeu les rapports du « dedans » et du « dehors », du psychique et des limites du corps avec la psyché — avec, bien sûr, à l'arrière-plan, la question complexe de l'intrication des pulsions.
C'est dans cette perspective que je me propose d'examiner ici la dépendance, envisagée sous ces divers aspects à travers le bref exposé et le commentaire d'un matériel d'observation tiré de la pratique psychanalytique. Le recours à cette observation m'a été récemment suggéré par une circonstance banale qui m'a rappelé une étonnante séquence clinique intervenue dans une analyse conduite par un collègue étranger qui me demandait de le superviser, à titre personnel. J'ai l'assurance par ailleurs que les éléments sélectifs que je présente ici ne compromettent pas la confidentialité de ce cas déjà ancien, compte tenu du chemin pris par la suite par le patient.
Comme je me trouvais un soir en train de « zapper » au hasard devant mon téléviseur, je tombai sur quelques images accompagnant une interview qui, si mon souvenir est bon, concernait la technique du tissage de la soie dans un lycée professionnel. L'intervieweur, en vue sans doute de donner du relief à ses questions, croyait bon d'évoquer, sur la fin de l'entretien, une formule empruntée, disait-il, aux adages de la sagesse lyonnaise. En voici le texte qui aussitôt me frappa, pour des raisons que je vais indiquer : « L'amour est une laisse de soie qui rattache soit à l'enfer, soit au paradis. » L'intervieweur prononçait le terme alternatif « soit », deux fois énoncé sans faire la liaison avec le « t » terminal, si bien que l'assonance entre « soie » et « soit » était mise en évidence. Recherchée ou non, cette prononciation équivoque m'interpella aussitôt. Sur l'instant, derrière le mot « soie » et le terme « soi