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Le dilemme du sujet dépendant consiste à vouloir échapper à deux angoisses contradictoires mais indissociables : l'angoisse de se rapprocher de la partie de soi-même clivée (refusée, reniée, blessante), dont on s'est purifié en l'expulsant dans l'objet et celle de perdre cette partie à jamais en se séparant de ce même objet (il a gardé secrètement quelque chose que je ne comprends pas et qui me manque). Freud utilise le terme « purifier » pour décrire l'effet premier du principe de plaisir-déplaisir : une séparation entre le bien et le mal, le bien étant ce qui donne du plaisir et le mal ce qui procure du déplaisir ; ainsi se forme l'illusion du Moi-plaisir-purifié qui, à son tour, sera vite ressenti comme un Moi déchiré, incomplet. Ce balancement est d'autant plus important et invalidant que les séparations « réelles » ont été plus brutales, inattendues et prolongées par des situations de détresse.
Les processus visant à bloquer ce balancement accentuent la dépendance à l'objet dans son environnement. La mécanique du même et la réaction thérapeutique négative avec ses diverses stratégies et ses différentes configurations défensives seront des exemples de ces processus ; leur étude nous conduira vers une approche plus précise de ces angoisses et de leur couplage, soulignant au passage les ressources de créativité dissimulées au sein même de l'emprise sur l'objet.
Myriam Boubli , dans une étude sur la sensorialité chez les enfants autistes en psychothérapie, met au jour leur fixation primordiale et récurrente à une forme extrême de ce paradoxe :