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Cet ouvrage mérite une lecture approfondie. Nora Kurts, dès la première page aborde l'enjeu principal de notre rencontre avec l'enfant : sa souffrance, celle qui est apportée par ses parents, puis, très simplement elle se présente et nous fait part de son trajet de vie, de ses rencontres et en quoi devenir et demeurer psychanalyste ouvre un espace et un temps à l'écoute des enfants et de leur famille.
Elle nous convie à des voyages analytiques. S. Freud, dans « De la psychogenèse d'un cas d'homosexualité féminine » (1920), a recours à cette métaphore où, dans un premier temps, le voyageur se prépare au voyage jusqu'à avoir « conquis sa place dans la voiture. On a maintenant le droit et la possibilité de partir en voyage pour le lointain pays, mais après tous ces travaux préliminaires on n'est pas encore là-bas, on ne s'est pas rapproché d'un but, d'un seul kilomètre… Des parents réclament qu'on rende la santé à leur enfant qui est nerveux et indocile. Ils entendent par « enfant en bonne santé » celui qui ne crée pas de difficultés aux parents, un enfant en qui ils puissent trouver leur joie. Le médecin peut bien réussir à rétablir l'enfant, mais après la guérison celui-ci va son propre chemin avec d'autant plus de détermination, et les parents sont maintenant beaucoup plus mécontents qu'avant. Bref, il n'est pas indifférent qu'un être humain vienne en analyse de son propre mouvement ou qu'il le fasse parce que d'autres l'y amènent, ni que ce soit lui-même qui souhaite sa modification ou bien seulement ses proches, eux qui l'aiment ou dont on serait en droit d'attendre un tel amour ». De toute façon, ce sont toujours nos parents qui nous amènent à l'analyse. Chez l'enfant, il s'agit du parent dont il dépend dans la réalité, ce qui se traduit par des niveaux hétérogènes mêlant le monde intérieur et le monde extérieur, la réalité et la vie psychique.