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Sous le signe d'Henri Michaux, le n° 3 de Penser/rêver, intitulé « Quand la nuit remue », nous parle de sommeil et d'insomnie, de rêve et de cauchemar, de l'état trouble de l'endormissement, du temps nocturne de la vie amoureuse.
Des textes littéraires de Michel Chaillou ou de Florence Delay illustrent le propos, de même que le texte de Christian David qui se clôt par un poème composé la nuit.
Au centre du numéro, on appréciera tout particulièrement le dossier consacré à Herbert Silberer : à la fois son article de 1909, traduit pour la première fois en français, « Exposé d'une méthode pour provoquer et observer certains phénomènes hallucinatoires symboliques », et le commentaire qu'en fait Fausto Petrella, dans « L'image au pouvoir ».
En accord avec la pensée de Freud sur les rêves, et plus spécialement avec le paragraphe IV du chapitre VI de L'interprétation des rêves, « Considération de la figurabilité », Silberer propose une approche expérimentale qui consiste à observer, au moment de l'endormissement, le processus de transformation de la pensée en image. Comme Freud l'avait fait pour ses propres rêves, Silberer entreprend d'observer sur lui-même les phénomènes de passage, qu'il classe au nombre de trois :
— les phénomènes matériels ou visions, figurant les contenus de la pensée ;
— les phénomènes fonctionnels ou d'accomplissement, figurant le mode de fonctionnement de la pensée ;
— et les phénomènes somatiques, figurant les états ou les sensations corporelles tant externes qu'internes.
F. Petrella montre comment, un temps loué par Freud dans un rapprochement avec sa notion de perception endopsychique, c'est-à-dire d'auto-figuration