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Le terme d'« empathie », désormais employé pour traduire le terme allemand Einfühlung, a pris dans la littérature psychanalytique contemporaine une place considérable. La notion elle-même n'a cependant pas de spécificité métapsychologique, Freud utilisant là un concept hérité de l'esthétique allemande. Elle désigne avant tout un moyen de connaissance d'autrui au sein duquel l'affect tient une place particulière. En France, les psychanalystes l'utilisaient assez peu avant l'essor des travaux sur le bébé, notamment en raison de la fluctuation des traductions qui empêchait le repérage systématique de son occurrence chez Freud, mais aussi dans l'ensemble de la littérature philosophique, esthétique et psychologique1.
En revanche, l‘Einfühlung est mise en avant dès les années 1960, en particulier par Kohut en réaction aux excès de l‘ego psychology et à l'analyse considérée comme fondée sur l'analyse des défenses, et en général dans la littérature anglo-saxonne, parallèlement aux développements théoriques sur le contre-transfert et l'identification projective qui, tous, visent à une nouvelle compréhension du processus psychanalytique se démarquant plus ou moins de la démarche freudienne classique considérée comme trop rationnelle et de son approche solipsiste du fonctionnement mental de l'analysant. Appréhender le processus analytique en tant que rencontre des deux psychismes du patient et de l'analyste remet en cause tout à la fois la fonction de « miroir » de l'analyste