You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Qu'est-ce que l'empathie ? À quoi ce terme se réfère-t-il ? De quel type de concept s'agit-il ? Je me propose de répondre à ces questions de deux façons : d'abord en considérant le rôle de l'empathie comme « signifiant énigmatique » dans l'évolution de la psychanalyse, suite à l'hégémonie de la Psychologie du moi aux États-Unis et à ce que l'empathie a représenté dans la pratique psychanalytique d'après mes expériences de candidat et d'analyste.
On sait bien qu' « empathie » et le qualificatif « empathique » sont devenus des mots clés pour Heinz Kohut et son école de la Psychologie du soi et que, de par sa racine pathos, nous avons affaire à une réponse affective à la souffrance des patients. Sans doute Kohut cherchait-il à opérer un changement dans le dispositif typique des années de l'après-guerre, au moment où la Psychologie du moi régnait aux États-Unis. Là où un analyste distant et silencieux écoutait les associations de son patient comme un observateur « objectif » du processus pour ensuite interpréter le sens de celles-ci, Kohut proposait un nouveau paradigme, celui d'un échange intersubjectif entre deux participants. À partir d'un premier texte, « introspection, empathy, and psychoanalysis » (Kohut, 1959), écrit en 1957 pour le Congrès de I'IPA à Paris, jusqu'à son ultime communication, « introspection, empathy, and the semi-circle of mental health » (Kohut, 1982), préparée pour le 50e anniversaire de l'institut de Chicago, peu avant sa mort, Kohut n'a jamais cessé de souligner l'importance de l'empathie pour la psychanalyse en tant que science. Relire, étudier ces deux textes maintenant, c'est revenir au temps de la révolution kohutienne qui, sans aucun doute, a bouleversé la pratique clinique en Amérique, et mieux comprendre le rôle de l'empathie dans le changement de paradigme que cette notion apportait.
En réfléchissant sur le contexte culturel de cette révolution, la comparaison entre Kohut et Lacan en France s'impose à plus d'un titre, bien que leurs thé