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On a souvent tendance à associer l'empathie à la psychanalyse américaine, dans la mesure où celle-ci accorde une attention soutenue aux interactions et aux relations interpersonnelles dans les processus thérapeutiques. De ce point de vue, on pourrait penser que la référence à l'empathie conviendrait bien au courant intersubjectiviste américain, reconnu, d'une part, pour l'adoption d'une perspective relationnelle, et, d'autre part, pour l'affirmation du rôle central de la subjectivité dans la relation analytique. Or le lien entre intersubjectivité et empathie n'est pas aussi direct qu'on pourrait le croire, quelle que soit par ailleurs l'acception que l'on donne au terme d'« empathie », qui, dans la psychanalyse américaine, a connu divers usages.
L'intérêt d'examiner les positions de l'école intersubjectiviste sous l'angle de l'empathie est triple. Le courant intersubjectiviste représente en effet une tendance importante de la psychanalyse contemporaine, non seulement américaine. En plus des motifs d'ordre pratique qui la rendent attrayante pour les psychothérapeutes, l'orientation intersubjectiviste s'impose de plus en plus comme un cadre de référence nécessaire à des psychanalystes d'allégeance diverse, en raison, notamment, de sa propension à coexister avec les positions néo-kleiniennes et néo-winnicottiennes, dont on connaît par ailleurs la popularité actuelle dans la littérature psychanalytique. Par ailleurs, la notion d'empathie, qui fait à la fois appel à un mode de connaissance et à un mode de relation, met en jeu les affects, la projection, de même que la distinction sujet/objet, thèmes qui se situent au cœur des positions des intersubjectivistes. Enfin, la description métapsychologique de l'empathie, ses liens avec les processus préconscients et les phénomènes de sens, permet de souligner les écueils