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La cause est entendue. Le concept d'empathie n'est pas un concept psychanalytique. Et alors ? Je ne vois pas comment notre langage pourrait être constitué seulement avec notre vocabulaire propre. Indépendamment du fait que nous parlons avec nos patients, nos échanges théoriques et cliniques ne peuvent se passer du langage de la psychologie ordinaire (celle de tout le monde) ni de celui que les sciences de l'esprit voisines (y compris la psychologie) nous offrent pour construire le nôtre.
Le mot « empathie » est entré dans le langage de Freud de deux manières successives. La première s'est située dans une perspective proche de l'esthétique, et a été introduite à propos du comique dans Le mot d'Esprit. Nous y reviendrons plus tard. La seconde, dans une perspective toute psychologique, à la manière de Lipp, apparaît dans « Psychologie des masses et analyse du moi » (1920). Freud précise que ce processus prend « la plus grande part de notre compréhension de ce qui est étranger au moi chez d'autres personnes ». S'agit-il de l'étranger que constitue l'autre personne ou de ce que celle-ci comporte d'étranger en elle ? Nous ne pouvons trancher pour Freud, même si, dans les débats qui ont suivi, la question a pris une certaine importance.
Pour l'instant, retenons une autre caractéristique que Freud évoque ainsi : « Partant de l'identification une voie mène, par l'imitation, à l'empathie, c'est-à-dire à la compréhension qui nous rend possible toute prise de position à l'égard d'une autre vie d'âme » (Freud, 1922, 1934, 1920, p. 42). Identification et empathie, comment doit-on les articuler ? Est-ce par l'empathie que l'identification procède ? Est-ce l'identification qui explique et rend possible l'empathie ?
Une dizaine d'années après « Psychologie des masses », Melanie Klein introduit le concept d'identification empathique. J.-M. Petiot (1982) a su