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D'emblée, Thérèse Tremblais-Dupré prévient son lecteur que les rencontres avec les personnages de la littérature dont il sera ici question sont intervenues en tant que « tiers associatifs » par rapport aux vraies rencontres que son métier de clinicienne l'amenait à faire avec « certains jeunes gens attardés dans une adolescence sans fin, confrontés au sexe et à la mort ».
Elle opère, dès ces lignes introductives, un double renvoi : entre ce qu'elle sait, d'une part, professionnellement, des désarrois et des risques psychiques de l'adolescence, retrouvés dans la précision clinique de la pathologie de certains personnages littéraires ; et ce qu'elle pressent, d'autre part, à partir de là, de la souffrance de leurs créateurs dont l'écriture, selon elle, est défensive et trouve son origine dans leur propre blessure maternelle.
C'est de cela qu'elle va tenter la démonstration au gré du parcours, évidemment à chaque fois singulier, de cinq œuvres littéraires dont les auteurs sont très divers puisqu'il s'agit aussi bien du plus grand auteur du théâtre élisabéthain que de l'un des plus illustres représentants du théâtre classique français, ou de l'un des monuments de la littérature du XIXe siècle comme de deux des plus reconnus parmi les romanciers français majeurs du XXe.
Thérèse Tremblais-Dupré ouvre de façon remarquable le premier de ces va-et-vient entre métapsychologie et littérature, en nous proposant sa lecture analytique du premier roman de Julien Gracq, Le Château d'Argol.