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Psychothérapeute individuel et de groupe en Angleterre, Farhad Dalal a passé les douze premières années de sa vie en Inde. C'est donc à la fois un livre à la première personne, celui d'un homme à la peau noire qui vit dans un pays blanc, et la réflexion d'un scientifique que nous trouvons dans cet ouvrage sur les soubassements inconscients du racisme. L'axe principal de ce livre consiste à montrer que l'on ne peut rendre compte de ce phénomène au seul niveau individuel (« De quelle psychopathologie le raciste ressortit-il ? ») mais qu'il faut, au contraire, comprendre comment notre inconscient culturel comporte une valence raciste qui, malgré nous, est implantée en tout un chacun.
Tout d'abord, Dalal rappelle que la notion de « race » n'a aucun fondement scientifique mais qu'elle n'en perdure pas moins pour autant. L'intuition, populaire autant que scientifique (par exemple, de très nombreuses revues médicales classent les sujets de leurs études en « Caucasiens », « Afro-Américains », « Asiatiques »…), est prise au piège d'une culture qui en use communément depuis fort longtemps. C'est au XVIe siècle que le terme « race » apparaît dans la culture britannique (objet de ce livre) et au XVIIIe qu'il s'y généralisera. Différentes voies balisent ainsi une pensée occidentale où l'on voit, par exemple, Cuvier et Linné prendre implicitement pour base de leurs réflexions sur la population de la planète la théorie biblique de la dispersion des peuples en fonction de leurs « couleurs ». Quant aux catégories actuelles, « ethniques » ou « culturelles », elles peinent tout autant, montre Dalal, à se