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Dans toute séparation importante réside un germe de folie ; il faut penser à le faire éclore et à l'entretenir avec attention.
Après une brève description de l'importance accordée à la mélancolie au cours des siècles, je m'efforce d'explorer ce syndrome à la lumière des connaissances plus récentes que non seulement Freud, mais aussi les post-freudiens ont apporté à notre discipline. J'examinerai notamment les implications des différentes vicissitudes ayant trait à l'identification en rapport avec la complexité de l'organisation psychique et, en particulier, en égard aux relations entre le moi et le surmoi.
De façon assez singulière, le terme de « mélancolie », qui occupait une place de première importance dans la philosophie, les arts et la médecine de l'Antiquité, n'a pas mérité une rubrique propre dans le Vocabulaire de la psychanalyse de Laplanche et Pontalis. Il se trouve inclus dans une rubrique qui a trait au deuil en tant que résultat particulier du deuil pathologique dont Freud parle dans son essai fondamental de 1915. La mélancolie semble, par la suite, davantage à sa place dans des textes littéraires plutôt que dans la littérature psychanalytique, dans laquelle on trouve la plupart du temps le terme de « dépression », mais rarement celui de « mélancolie ».
Dans la traduction italienne de l'ouvrage exceptionnel qui rassemble des textes de Klibansky, Panofsky et Saxl, intitulé Saturn and Melancholy, que j'ai trouvé très inspirant, quelques lignes de la première page font référence au