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Je vais reprendre quelques définitions de la dépression qui ont déjà été données par Claude Smadja dans son exposé au Colloque de Deauville, avec quelques variations.
Dépression : diminution ou perte de pression au sens de tension, tonus de vie, élan vital, forme motrice d'envol découlant du jeu pulsionnel, excitation procurant une « tension vers » un objet virtuel ou déjà figuré. Pour mieux comprendre la dépression primaire dont je vais principalement m'occuper, je proposerai d'abord quelques reformulations tentant de cerner l'émergence du moi corporel à la lumière de la clinique des structures archaïques renvoyant à l'observation du développement et vice versa et entrecroisant bien des recherches actuelles.
Au plus primitif du jeu pulsionnel, la « tension vers » part de la zone éro-gène et est donc, d'emblée, dans la problématique du jeu de la sexualité orale, à condition de « brancher » sur le jeu de cette sexualité des éléments de sensoria-lité/perception/conscience d'ordre prénatal avec un important érotisme audi-tif/kinesthésique/olfactif/gustatif et cœnesthésique de la zone oropharyngée et du haut tractus digestif. De ces sensations/émotions sortent des liaisons analogiques musique/voix/enveloppement aquatique, et une symbolisation particulière de la tonicité et de la kinesthésie en raison de leur valeur émotionnelle basale2, rythmicités et « formes » découlant d'une certaine perception de « renvois »,