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« Vous me demanderez où je prends mes idées ?, dit un jour Beethoven. Je ne peux pas le dire avec certitude ; elles surgissent sans avoir été évoquées, immédiatement ou par étapes. Ce qui les suscite, ce sont des dispositions d'esprit qui s'expriment avec des mots chez le poète et qui s'expriment chez moi par des sons, résonnant, bruissant, tempêtant jusqu'à ce qu'enfin ils soient en moi de la musique. »
La cure de M. T…, dont le fonctionnement psychique était à prédominance psychonévrotique, comme cela m'apparut au cours des rencontres préliminaires et se confirma par la suite, dura six ans et ne présenta pas de difficultés particulières en dehors des premiers mois au cours desquels la violence du jaillissement pulsionnel mobilisé par la situation analytique me sollicita vivement contre-transférentiellement. Je n'eus à aucun moment la crainte d'attaques contre le cadre qui fut toujours respecté. il s'agit donc d'une cure classique à trois séances par semaine menée dans le dispositif divan/fauteuil, dont l'évolution et la terminaison furent satisfaisants du point de vue du patient comme du mien.
Ce patient psychonévrotique, venu trouver un psychanalyste pour un vitiligo sur les conseils d'un dermatologue ouvert à la psychosomatique, évoqua cependant, dès la première rencontre préliminaire, un mal-être important. Chercheur en mathématiques au CNRS où il assume depuis plusieurs années des responsabilités importantes, il a mis fin récemment à dix-sept ans de travail sur une thèse d'État et s'est engagé, dans le prolongement de sa thèse, dans une voie de recherche très abstraite en mathématique qui l' « isole de ses autres collègues ». il souffre en fait depuis longtemps de sentir « un mur »