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Le rapport entre somatisations et dépression peut ne pas s'inscrire dans le cadre de la dépression essentielle. La patiente dont j'ai choisi d'exposer le traitement psychanalytique illustre cette possibilité. Il s'agira d'une patiente dépressive, à la fin du traitement de laquelle va se produire une période de somatisations qui m'a fait me poser beaucoup de questions. C'est une patiente douée d'un riche fonctionnement mental venue cependant me voir avec le diagnostic de psychose maniaco-dépressive.
Marina est une belle femme blonde de 34 ans au moment du premier entretien. En disant d'elle qu'elle est une belle femme, je crois que je ne lui rends pas justice, car il s'agit d'une femme d'une beauté extrême, qu'elle cache derrière des grandes lunettes de soleil. Elle s'habille d'une façon élégante, soignée. Elle est mariée, mère de trois enfants. Elle fait un travail qui l'intéresse et dans lequel elle passe la plus grande partie de son temps.
L'image qu'elle donne d'elle-même, malgré l'évidence de sa beauté, transmet un sentiment de profonde tristesse, la faisant apparaître comme froide et distante.
Elle vient consulter pour des troubles dépressifs importants, troubles dont elle souffre depuis son adolescence, mais écoutons ce qu'elle dit :
« Je vous ai déjà téléphoné en octobre dernier, mais j'ai annulé le rendezvous. En novembre j'ai fait de nouveau la même chose. J'ai très peur, mais à présent je ne peux plus attendre. À 20 ans j'ai eu une dépression très importante et j'ai essayé de me suicider. J'avais eu avant des dépressions, mais jusqu'à ce moment je n'en ai parlé à personne. À ce moment-là, j'avais commencé un traitement psychiatrique, et j'ai pris 40 comprimés à la fois, des antidépresseurs, des anxiolytiques, des antibiotiques, tout ce que j'ai trouvé. À l'époque j'habitais