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Le but du présent travail est de mettre en évidence une dynamique conflictuelle qui préside à la survenue de cette « essence de la dépression1 » que représente la dépression essentielle.
La seule dimension économique a véritablement retenu la réflexion psychanalytique durant de nombreuses années.
Mais, depuis le Congrès de Lausanne, la dimension narcissique est reconnue2 ; même si cette importance n'est conçue que comme l'émanation d'un narcissisme déficitaire3.
La dépression essentielle, à la différence de la dépression névrotique, ne prétend pas au sens et exprime peu d'affects. La plupart des manifestations cliniques sont inconstantes. Elles peuvent s'exprimer parfois corporellement par des manifestations « physiques » ; quelquefois, par des angoisses fugaces sans véritables représentations d'objet. Ces « malaises » appartiennent à des états décrits par Freud, sous l'expression « névroses actuelles ». Nous savons que leur axe économique a conduit à une véritable approche psychanalytique de l'économie psychosomatique.
Lors d'une étude relativement récente, C. Smadja4 rapproche les descriptions de Freud d'une entité qu'il qualifie de « dépression actuelle », notion voisine de la dépression essentielle où existe « une série de défauts dans la trajectoire de l'excitation sexuelle somatique et plaçant le sujet en dehors de l'affect ».