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L'idée implicite d'un champ phobique fondée sur la théorie de la pulsion revient à André Green, dans sa description de la position phobique centrale1. En effet, au sein de la théorie de la pulsion, il existe une telle proximité entre la force, le mouvement et le fait, qu'on pourrait parler d'un champ phobique où la force pulsionnelle se nourrit d'un mouvement qui se contredit lui-même, et d'une phobie de base comparable à l'inertie en physique, représentant une propriété inhérente à la force pulsionnelle.
Dans cette ligne de pensée, le « champ dépressif » relèverait de la force d'un mouvement qui ne se contrarie pas ; d'une sorte d'anti-force de l'inertie qui déprime les mouvements psychiques sans les contrarier. Ces champs, « phobique » et « dépressif », produiraient des effets à l'échelle de la totalité de l'espace de la réalité psychique. Toute perception, toute représentation, tous les niveaux de représentance seraient chargés de ces effets d'une qualité donnée : inertielle, dépressionnaire, et le « quantum d'affect » correspondrait à cette charge.
Au colloque de Deauville, Claude Smadja a magistralement exposé le « paradoxe psychosomatique » de la dépression. Il est certain que, dans la notion même de « dépression essentielle » de Pierre Marty, figure une ambiguïté irréductible, celle de la proximité du qualificatif « essentielle » avec originaire, constitutive, fondamentale. Le paradoxe devient manifeste lorsque Pierre Marty affirme qu'une telle dépression, sa survenue, est aussi un événement en rapport avec une perte, un accident dans la vie d'un sujet. Pour l'analyste psychosomaticien, même s'il sait que c'est l'idée de « perte »