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La biographie en psychanalyse est plus difficile si elle ne s'occupe pas de patients, mais dirige le regard vers les grands penseurs et leurs familles. Si on regarde le destin d'émigration et de déportation de Sigmund Freud et de ses frères et sœurs dans les années après 1938, il devient clair qu'il ne s'agit plus de décrire des personnes agissantes, mais des êtres humains livrés à l'administration. Elles aussi pouvaient parfois devenir objets de fantasmes pour la postérité.
Comme on sait, Sigmund Freud est né (le 6 mai 1856) l'aîné de huit enfants d'une famille juive morave de Freiberg ; son frère Julius, né en 1857, est mort nourrisson. Le père, Jakob Freud, marchand de textile, a déménagé avec sa femme Amalia et les enfants en 1860 pour la capitale autrichienne, Vienne. Leur troisième enfant, la fille la plus âgée, Anna Freud (née le 31 décembre 1858), a émigré dès 1892 aux États-Unis d'Amérique avec son mari Eli Bernays - où son frère Sigmund a été la voir une fois en septembre 1909. De ce fait, elle est exclue de la suite de nos considérations. Par contre, le psychanalyste qui habite depuis 1891 à la Berggasse 19 à Vienne, de même que ses cinq frères et sœurs et leurs familles respectives, ont été depuis 1938, par le « rattachement » (Anschluss) de l'Autriche, de différentes manières les victimes de la