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Articuler historiquement le passé ne signifie pas le connaître « tel qu'il a été effectivement », mais plutôt devenir maître d'un souvenir tel qu'il brille à l'instant du péril.
Un immense volume de plus de 940 pages à parcourir, puis à lire et enfin à étudier. La correspondance la plus importante en volume (671 lettres) et en durée (31 ans). La rencontre de Freud et de Jones peut désormais être lue à travers leur très long et riche échange épistolaire. Il doit être examiné différemment de ceux qui étaient à notre disposition. Il n'y a pas la passion d'une amitié comme la correspondance avec Fliess, ni celle d'une succession annoncée puis abandonnée comme nous pouvons la vivre dans l'échange avec Jung et encore moins celle de la passion partagée pour « la chose » (das Ding) du débat épistolaire avec Ferenczi. Cependant, entre les lignes et à travers les années, le lecteur trouvera la passion de l'établissement puis de la consolidation de la psychanalyse comme institution. C'est pratiquement un reportage sur la création de la psychanalyse comme institution.
Jones le disciple maltraité, non créatif, est véritablement l'organisateur de cette entreprise, le réalisateur principal des fantasmes du conquistador, Freud. On le voit dans cette correspondance à travers mille petits détails : le comité