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Que sont les « morts imaginaires » ? Celles que nous inventons, celles que nous redoutons, des morts imaginées comme des morts constatées, des morts racontées. Il y a la mort, réelle, celle dont nous n'aurions rien à dire si c'était la nôtre, et toutes les morts autour de nous, avant. Qui font parler, qui confrontent à l'abîme d'un inconnu que nous tissons alors de paroles. C'est à la question du sens et à celle de l'écriture que Michel Schneider, dans son magnifique essai, donne corps.
Qui sont les « morts imaginaires » de Michel Schneider ? Ce sont ses amours, ses écrivains, ceux avec lesquels il partage les mots. Parler avec les morts en rêve, quand ils viennent nous hanter ainsi, c'est vouloir que nos êtres chers soient encore vivants, mais c'est aussi continuer la conversation interrompue. Lire et relire les textes aimés, c'est poursuivre le dialogue au-delà de la mort, et c'est redonner vie à ceux que nous n'avons pourtant pas connus, quand ce sont des écrivains. Ils sont nombreux, ceux qu'a élus Michel Schneider, il a écouté leurs dernières paroles, car il s'est transporté près d'eux à leurs derniers moments. Il les conserve en lui comme ses trésors : nous allons à leur rencontre à ses côtés. Ainsi, nous croiserons Gérard de Nerval, Honoré de Balzac, Emmanuel Kant, Anton Tchékhov, Henri Heine, Voltaire, Pascal, Montaigne, Freud. Il est impossible de tous les nommer - l'auteur abrite tout un peuple en lui, celui de ses compagnons d'écriture.
Il nous entraîne à partager ses interrogations : « La mort donne-t-elle du sens à nos vies de parlants ou vide-t-elle à jamais de sens notre parole ? » Il m'a invitée à la réflexion. La mort, je veux parfois y penser : se pourrait-il qu'elle ne