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N'est-il pas intéressant de remarquer que, sur les douze auteurs qui contribuent au n° 8deLibres cahiers pour la psychanalyse, intitulé « L'enfance du féminin », six sont des hommes ? N'est-il pas intéressant également de se rappeler que c'est dans les mois qui ont suivi la mort de sa mère que Freud a écrit, en 1931, le texte appelé « Sexualité féminine » ? N'est-il pas intéressant aussi de constater qu'on ne s'est jamais interrogé sur ces femmes que les hommes de la horde primitive soustraient à la possession du père pour se les approprier, après avoir occis ledit père ?
Entreprise utile que de reprendre ce thème du féminin, dans le cadre d'une « enfance du féminin », pour y ajouter quelques petits cailloux blancs afin de tenter de baliser d'un peu plus près la voie d'une recherche sur le devenir-femme ?
Nous trouvons peu de références dans la littérature analytique au sujet de l'impact qu'eut sur Freud la mort de sa mère. Un vieux monsieur de 75 ans perd sa mère de 95 ans : « Je n'étais pas à l'enterrement. » Ce sentiment de délivrance, d'affranchissement dont Freud fait état dans une lettre à Ferenczi est expliqué ainsi : « Je n'avais pas le droit de mourir tant qu'elle était encore en vie. » Dans sa contribution, Herbert Lehmann (texte publié in Psychoanalytic Quarterly, 52, 1983, 237-249) rappelle que le premier texte de Freud « consacré explicitement et exclusivement à la sexualité des femmes » a été écrit dans les quatre mois qui ont suivi la mort de sa mère. C'est la première fois que se trouve nommée cette phase préœdipienne, phase d'un attachement exclusif à la mère, à propos de laquelle précise alors Freud : « La phase pré-œdipienne de la femme accède ainsi à une significativité que nous ne lui avions pas attribuée jusqu'ici. » L'auteur évoque alors la possibilité qu'un des changements dans les « couches profondes » que Freud considérait dans le sillage de la perte de sa mère « ait été un renforcement de son identification à elle ». Mais la conclusion de Le