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Ce numéro met en travail de manière approfondie la difficile question de la place et des destins de la sexualité dans la psychose, question rarement abordée tant il est vrai que, comme le soulignent L. Abensour et A. Nastasi dans leur chapitre introductif, « on n'est jamais loin de penser que les patients psychotiques, tout absorbés qu'ils seraient par un auto-érotisme mal élaboré, tout adonnés à un narcissisme prévalent, feraient l'impasse sur la sexualité ». Pourtant, nul n'ignore que c'est précisément l'imminence de la rencontre avec la vie sexuelle réelle, à la puberté ou au début de la vie adulte, qui, le plus souvent, produit une rupture catastrophique de l'organisation antérieure du moi, tout entier menacé d'anéantissement et contraint alors, pour sauver son sentiment d'existence et d'intégrité, de recourir à une « progression pathologique » au sens de Ferenczi, dont les formes cliniques très variées correspondent toutes à des « tentatives de reconstruction du corps propre, de l'autre et du monde ».
V. Kapsambelis et M.-L. Roux posent donc la question centrale : y a-t-il du sexuel dans la psychose ? Ils nous offrent tous deux un travail de réflexion et d'échanges extrêmement riche, fourmillant d'idées audacieuses et novatrices étayées sur des exemples cliniques passionnants, dont je ne peux ici qu'extraire les éléments les plus marquants. Reprenant l'idée d'É. Kestemberg selon laquelle la puberté correspondrait à un moment organisateur (au sens de Spitz), V. Kapsambelis propose de concevoir celui-ci comme « l'étape au cours de laquelle trois fonctions, l'auto-érotisme, le corps désormais génital et l'objet, doivent converger et s'articuler pour aboutir à une nouvelle organisation, plus ou moins stable, qui régira dorénavant le désir humain ». Pour lui, les patients schizophrènes échouent dans cette synthèse et donnent à voir une désarticulation de ces trois éléments. Il faut lire attentivement les deux exemples cliniques qui illustrent son propos : l'un intitu