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Incipit : « On ne nous apprend plus aujourd'hui que le monde qui nous entoure est simple et unifié - comme une sorte de jardin que nous traverserions de notre naissance à notre mort et qui grandirait à la mesure de nos joies et de nos peines. Est-ce parce que la science nous dispose à questionner et à douter de cette simplicité ou parce que nous y sommes forcés par les orages de l'époque ?… L'investigation approfondie de la nature nous a imposé un changement de nos intuitions au cours des dernières décennies. La régularité nomologique de l'évolution dans l'espace et le temps n'est plus pour nous le squelette solide du monde : elle est plutôt une simple connexion parmi d'autres, qui se détache du tissu de connexions que nous appelons le monde par la manière dont nous la recherchons et par les questions que nous posons à la nature. »
J'essaierai, dans ce qui suit, de démontrer la remarquable pertinence pour le traitement de notre sujet de cette citation du grand savant et philosophe allemand Werner Heisenberg - l'un des fondateurs de la mécanique quantique.
Dans ce travail, je m'attarderai principalement sur deux thèmes : le concept de processus analytique et le travail de transformation qui s'y produit. Pour ce qui concerne ce dernier, je m'occuperai d'un des éléments qui contribuent à rendre la transformation possible : je me référerai précisément à la construction, dans l'esprit de l'analyste, de segments de théorie dans le travail clinique.
La sélection est nécessaire, si nous tenons compte comme il se doit de la complexité et la multifactorialité du processus, d'une part, et l'ampleur de la