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Avant d'entreprendre la discussion proprement dite, que les organisateurs m'ont priée de formuler sous forme de questions, je voudrais dire d'emblée combien il est agréable et stimulant qu'un rapport envisage les transformations dans la cure à la lumière, à l'exemple de Freud, de modèles issus des sciences. Nous l'avions tenté, G. Pragier et moi, dans notre rapport au Congrès des psychanalystes de langue française2, en 1990, ainsi que vous y avez fait référence.
Je remercie le rapporteur d'en avoir eu le courage et de nous avoir, dans le même mouvement, montré aussi l'étendue d'une éblouissante culture que tous les participants ont relevée. Si bien que me voilà alléchée par une belle vitrine épistémologique. Aussi me suis-je interrogée sur les motifs qui vous ont conduit à ouvrir tant de portes pour nous montrer comment vous fonctionniez, mais sans pouvoir développer, faute de temps, l'usage que vous en faisiez. Sans doute ce discours non linéaire met-il en Œuvre, implicitement, le déroulement de la cure analytique qui suit, à mon sens, ce modèle même.
Votre rapport me paraît tout à fait représentatif des effets de la babélisation psychanalytique et de la diversité des théories, souvent contradictoires en l'absence de critères qui les valideraient. Vous nous faites prendre conscience ainsi que, pour progresser, il faudrait se référer à une méthodologie psychanalytique. Or vous nous montrez ses limites, voire son irréductibilité. Aussi, vous voici, comme nous, tenté par unmodèle supplémentaire, lamécanique quantique. En dépit de cette similitude de nos démarches, je vous proposerai maintenant, car c'est là mon rôle de discutante, quelques éléments de divergence possibles.
I. Sur la notion même de processus analytique, je formulerai, d'abord, une remarque : il est piquant de relever, dans la publication préalable de votre rapport,