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La lecture et l'écoute des trois rapports du Congrès nous incitent à réfléchir aux différentes conceptions du processus analytique proposées par les rapporteurs. Leurs différences ainsi que leurs points de rencontre pourront alimenter notre discussion et nous aider à faire des liens et des rapprochements. La spécifi-cité de leur champ de recherche nous permettra d'interroger ainsi la question épistémologique liée à leur conception personnelle du processus analytique.
Les trois rapporteurs ont insisté, chacun selon son propre point de vue théorique et son style, sur la signification compliquée, hétéroclite et polyphonique (reprenant l'adjectif utilisé par F. Petrella) du concept de « processus psychanalytique ».
L'idée de processus psychanalytique définit un champ assez vaste : peut-on se demander si ce concept nous aide à avancer, à progresser dans la connaissance ?
Je souhaite commencer par deux points qui me semblent au premier plan :
— les effets qu'une conception théorique du processus analytique provoque sur le travail clinique lui-même ;
— et, inversement, les impacts de la pratique clinique, c'est-à-dire de l'expé-rience de la séance (avec ses enjeux liés au transfert et au contre-transfert, au rôle du cadre, de l'interprétation et au déploiement des résistances), sur la théorisation psychanalytique, sur ses modélisations du fonctionnement mental et sur la théorie de la cure.
Ces questions nous renvoient à l'écart théorico-pratique que J.-L. Donnet a décrit en 1985. Dans cet article, J.-L. Donnet, en réponse aux idées de Roy Schafer, partisan d'une idée de la réduction de cet écart entre théorie et pra-tique, affirme que « l'écart théorico-pratique est inéluctable (…) il est un