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Dans son rapport qui s'avance aux confins de ce qu'un analyste peut mettre en travail, Thierry Bokanowski désigne tour à tour, par le terme de « chaos », les blessures narcissiques d'une dépendance, les angoisses d'une libération pulsionnelle et les peurs paranoïdes d'une rétorsion, toutes expressions entendues de son patient qui se heurtent à une aporie de leur interprétation. Qu'il soit silencieux ou intervenant, il ne rencontre que le cercle vicieux d'un dénigrement mélancolique engendrant un défi d'autosuffisance qui s'évacue dans une projection paranoïde. L'analyste s'ennuie, le patient est hors d'atteinte, le transfert est clivé en un envahissement de « mouvements antiprocessuels destructeurs » en cœxistence avec une assise transférentielle de base qui ne parvient pas à devenir source de processus symboliques en lien avec le travail interprétatif.
Je me propose, dans ce texte, de vous présenter une construction métapsychologique de ces mouvements antiprocessuels destructeurs où se révélera leur évolution en expansion continue dès qu'a été mise hors jeu la conflictualité discontinue des processus de symbolisation. Cette perspective, comme vous le verrez, vise à nommer les processus élémentaires que le travail interprétatif de Thierry Bokanowski a permis de délivrer des condensations d'un transfert paradoxal (D. Anzieu).
Le point de départ de ma réflexion et de ma démarche revisite la théorie à la fois inventée et découverte par Freud dont il a suivi le fil linéaire dans la première topique avant de le complexifier dans la deuxième1.