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Dans la présentation clinique d'un fragment de cure proposée par Thierry Bokanowski, le postulat du processus analytique (J.-L. Donnet, J. Canestri), implicite au temps de l'indication de l'analyse, est validé après coup quand, au moment du récit du rêve de cannibalisme, l'enveloppe mortifère de l'ennui cède, comme la poche des eaux, pour délivrer le travail de l'analyse.
Malgré toutes les réserves auxquelles on doit se rendre dans cette discussion et acceptant de se priver d'une part importante du matériel clinique pour ne tirer ici qu'un fil, je propose de considérer que ce qui fait processus, ou qui le révèle, peut être compris comme un temps d'activation du processus identificatoire, à partir de l'investissement du mécanisme particulier de l'identification à l'agresseur : un analyste apparemment en bonne santé rencontre un patient « en petits morceaux » et, après un temps d'observation, le temps de l'ennui (étym., être en haine), le patient fait un rêve dans lequel c'est l'analyste, cette fois, qui est en petit morceaux. Et comme dans le même temps l'analyste est, objet au-dehors, toujours entier - la pensée n'est pas l'acte -, le patient peut s'identifier à celui-ci et trouver chez son analyste l'appui qui lui manquait pour se reconstruire.
La présentation clinique proposée peut être comprise selon l'équation paradoxale manifeste suivante : le meurtre de l'analyste en rêve le fait revivre en séance, et, identifié au phénix-analyste, le patient peut revivre lui aussi.
L'ennui antérieurement partagé révèle après coup sa valeur d'accordage, d'accordage négatif qui empêchait de créer l'objet analyse déjà trouvé.
L'agression essentielle ressentie comme telle par le patient n'est-elle pas l'effet d'un fantasme de la bonne santé de l'analyste, physique et psychique, et sans doute du fantasme de son immortalité ? Ici les moyens et le but de l'analyse